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Diagnostic précoce de la SLA

Comment réduire le délai nécessaire jusqu’au diagnostic de la SLA?

La sclérose latérale amyotrophique (SLA) est une maladie neurodégénérative qui progresse inexorablement et conduit au décès par défaillance des muscles respiratoires en moyenne trois à quatre ans après le début des symptômes. Une détection précoce de la maladie est essentielle d’un point de vue médical et psychosocial afin d’éviter des interventions inutiles ainsi que de permettre aux patient·es d’intégrer plus tôt des études cliniques et des centres de soins multidisciplinaires.1

Bien que la publication des critères de Gold Coast en 2020 et l’utilisation de l’électromyographie (EMG) aient considérablement simplifié le diagnostic de la SLA dans la pratique clinique, le délai nécessaire jusqu’au diagnostic est resté pratiquement inchangé au cours des deux dernières décennies.1–3

Des études menées sur plus de 2500 patient·es dans des centres principalement européens ont montré que le délai entre la survenue des premiers symptômes et le diagnostic de la SLA est souvent de 11 à 18 mois.4,5

Facteurs entraînant un retard de diagnostic

Les raisons de ce retard n’ont pas encore été clairement établies à ce jour. Un âge avancé, la localisation des premiers symptômes (spinale ou bulbaire) ainsi que l’orientation vers des neurologues non spécialisés plutôt que vers des spécialistes de la SLA semblent être des facteurs importants entraînant un retard de diagnostic. En particulier aux stades précoces de la maladie, par exemple lorsque moins de deux parties du corps sont touchées, en cas de phénotype atypique ou de comorbidités, les critères de Gold Coast ne se prêtent que de manière limitée au diagnostic par des non-spécialistes. De plus, environ un cinquième des patient·es atteint·es de SLA au stade précoce ne remplissent pas les critères requis à l’EMG.1

Outils accélérant le diagnostic

Les mesures par échographie pourraient à l’avenir jouer un rôle essentiel dans le dépistage précoce de la SLA. La détection de fasciculations dans au moins trois groupes musculaires, une manifestation précoce de la SLA, a montré une sensibilité de 89% et une spécificité de 88% pour distinguer la SLA des maladies apparentées à la SLA.6

En outre, les biomarqueurs présents dans les liquides biologiques connaissent un intérêt croissant. Les maladies neurodégénératives telles que la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson laissent penser que la SLA est également associée à une augmentation des taux plasmatiques de chaînes légères des neurofilaments (NfL) en phase présymptomatique (Fig. 1). Leur détection pourrait ainsi permettre d’accélérer considérablement le diagnostic, en particulier chez les personnes porteuses d’une mutation de la SLA.1

Fig. 1: Scénario hypothétique d’une évolution en cascade de la SLA. Phase 1: stade préclinique au cours duquel des concentrations plasmatiques élevées de NfL peuvent être détectées. Phase 2: phase prodromique avec des symptômes non spécifiques et premières modifications à l’EMG. Phase 3:phase cliniquement manifeste avec des symptômes manifestes de SLA (modifiée selon García-Casanova PH et al.)1

D’autres biomarqueurs diagnostiques intéressants, tels que la protéine de liaison à l’ADN TAR (TDP-43), la superoxyde dismutase 1 (SOD1) ou la protéine «fused in sarcoma» (FUS), font l’objet de recherches actuelles pour le dépistage précoce de la SLA.1

Conclusion

Le diagnostic précoce de la SLA reste un défi de taille, malgré des progrès techniques et scientifiques considérables. Alors que les biomarqueurs tels que les NfL et les techniques d’imagerie modernes offrent des pistes intéressantes pour la recherche future, l’orientation rapide vers des centres spécialisés dans la SLA en cas de signes d’alerte précoces constitue toujours la mesure la plus efficace pour le diagnostic aux stades précoces de la maladie.

García-Casanova P et al.: Advances in the early diagnosis of amyotrophic lateral sclerosis. Expert Rev Neurother 2025; 25(4): 415-25

1 García-Casanova PH et al.: Advances in the early diagnosis of amyotrophic lateral sclerosis. Expert Rev Neurother 2025; 25(4): 415-25 2 Turner MR et al.: Diagnosing ALS: the Gold Coast criteria and the role of EMG. Pract Neurol 2022; 22(3): 176-8 3 Sanghani N et al.: Electrodiagnostic findings in amyotrophic lateral sclerosis: variation with region of onset and utility of thoracic paraspinal muscle examination. Muscle Nerve 2024; 69(2): 172-78 4 Goyal NA et al.: Misdiagnosis of amyotrophic lateral sclerosis in clinical practice in Europe and the USA: a patient chart review and physician survey. Amyotroph Lateral Scler Frontotemporal Degener 2024; 25(1-2): 16-25 5 Falcão de Campos C et al.: Trends in the diagnostic delay and pathway for amyotrophic lateral sclerosis patients across different countries. Front Neurol 2023; 13: 1064619 6 Hannaford AP et al.: Muscle ultrasound aids diagnosis in amyotrophic lateral sclerosis. Clin Neurophysiol 2025; 170: 234-43

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