
Une voix forte pour la santé mondiale
Compte-rendu:
Moana Mika, PhD
Journaliste scientifique
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Lors du congrès de printemps de la Société Suisse de Médecine Interne Générale (SSMIG), Ilona Kickbusch, sociologue et politologue de renom, s’est exprimée sur la santé mondiale. Il est apparu clairement que la santé mondiale n’en serait pas là aujourd’hui sans la coopération internationale. Les États sont toutefois de moins en moins enclins à investir dans ce domaine.
Keypoints
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Le concept de santé mondiale désigne une approche multilatérale visant à faire face aux défis tels que les pandémies ou le changement climatique.
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L’objectif est d’améliorer la santé de tous dans le monde entier.
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L’OMS joue un rôle important à cet égard en coordonnant la santé publique mondiale.
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Malgré les défis actuels, il existe une volonté politique de moins investir dans la santé mondiale.
Cette année, le sujet du congrès de printemps de la SSMIG était «Outside the box». La Keynote Lecture du dernier jour du congrès, donnée par la Pre Ilona Kickbusch, était tout à fait dans cet esprit: la sociologue et politologue allemande a osé se pencher sur l’actualité politique mondiale et a expliqué l’impact sur la santé mondiale. Elle a également évoqué les défis médicaux de notre époque et les concepts de santé publique.
Il est évident qu’elle avait des choses à dire à ce sujet: aujourd’hui âgée de 76 ans, elle a travaillé pendant de nombreuses années dans différents domaines de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et a ainsi contribué à façonner la politique de santé européenne comme internationale. Dernièrement, I. Kickbusch était professeure à l’Université de Yale, aux États-Unis. Elle est aujourd’hui consultante auprès de gouvernements nationaux et d’organisations internationales.
Dans quelle mesure la santé est-elle mondiale?
I. Kickbusch a intitulé sa Keynote Lecture «How global is health?» bien qu’après l’introduction de son exposé, la question aurait tout aussi bien pu être «Dans quelle mesure la santé est-elle encore mondiale?». Elle a en effet commencé par évoquer les crises politiques actuelles: celles-ci ne sont pas seulement bouleversantes, mais aussi alarmantes et préoccupantes en ce qui concerne le développement des soins de santé dans le monde. «Nous sommes face à une crise du multilatéralisme», a-t-elle constaté. Les gouvernements de certains États ne sont plus guère disposés à investir dans la santé mondiale: les États-Unis et l’Argentine ont par exemple annoncé se retirer de l’OMS, plusieurs organisations de santé mondiale ont subi des coupes budgétaires massives et, de manière générale, on observe une polarisation politique mondiale. Il est clair pour l’intervenante que cela ne profite pas à la santé mondiale.
Selon I. Kickbusch, ces décisions politiques vont dans la direction opposée aux défis médicaux et sanitaires actuels: la pandémie de Covid-19, par exemple, a illustré très précisément que les virus ne s’arrêtent pas aux frontières nationales. D’autres crises mondiales, comme le changement climatique ou la pollution croissante, nécessitent également des mesures qui dépassent ces frontières. D’après elle, le fait que des pays commencent à s’isoler et à se retirer de la coopération internationale n’a non seulement aucun sens sur le plan médical, mais prévient également l’amélioration de la santé mondiale.
Coopération mondiale
Qu’est-ce que le concept de santé mondiale signifie exactement? «La santé mondiale est souvent comprise à tort comme une aide au développement des ‹pays du Nord› riches aux ‹pays du Sud› pauvres», a expliqué l’experte. Cette vision est cependant dépassée. Premièrement, les «pays du Nord» (ou «Nord global») ont aujourd’hui beaucoup à apprendre des «pays du Sud». Par exemple, l’Indonésie, les Philippines ou Singapour ont beaucoup à nous apprendre en ce qui concerne la digitalisation du secteur de la santé. Deuxièmement, dans le monde globalisé actuel, il s’agit justement de tirer tous ensemble à la même corde pour améliorer la santé mondiale au vu des défis, a poursuivi I. Kickbusch.
Le concept de santé mondiale exige donc une coopération mondiale entre les États, les organisations internationales et les organisations non gouvernementales (ONG). En ce sens, la santé mondiale requiert une grande interdisciplinarité: la médecine, l’épidémiologie, sciences sociales, la politique et l’économie doivent développer ensemble des solutions. Elle suppose enfin une approche holistique qui concerne l’être humain dans sa globalité, c’est-à-dire son bien-être physique, mental et social, mais prend aussi en compte les influences environnementales, économiques, politiques et culturelles sur la santé.1
Dans ce contexte, I. Kickbusch a également mentionné l’approche «One Health», qui reconnaît que la santé et le bien-être des personnes, des animaux et des écosystèmes sont étroitement liés. «La Suisse est très active dans ce domaine», a-t-elle fait remarquer. L’Université de Zurich a par exemple été la première université européenne à créer un institut «One Health» en 2023.2 L’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires, quant à lui, dirige et coordonne plusieurs groupes de travail «One Health». Ils rassemblent la médecine humaine et vétérinaire, les sciences environnementales et d’autres disciplines dans le but d’obtenir de meilleurs résultats face aux défis sanitaires actuels.3
OMS: autorité coordinatrice de la santé mondiale
L’Organisation des Nations Unies (ONU) suit une approche très similaire: en 2012, elle a défini un total de 17 objectifs de développement durable aux niveaux économique, social et environnemental, à atteindre d’ici 2030. L’objectif 3 est de promouvoir la santé et le bien-être de tous.4 L’OMS l’a placé au centre de la présentation de ses objectifs (Fig.1). En effet, si la santé des personnes n’est pas garantie, les autres objectifs ne peuvent pas être atteints.5
Fig.1: Santé dans le cadre du développement durable: les 17 objectifs de développement durable de l’Organisation des Nations Unies. L’objectif 3 visant à promouvoir la santé et le bien-être de tous a été mis en avant par l’OMS4,5
Il est clair que le concept de santé mondiale ne peut pas exister sans l’OMS. Cette dernière a été créée en 1948 dans le cadre de l’ONU et compte aujourd’hui 194 États membres au total. Lors de sa création, elle a proclamé le droit à la santé comme droit fondamental de l’être humain et s’emploie depuis à promouvoir ainsi qu’à améliorer la santé mondiale. «L’OMS n’est toutefois pas chargée du développement», a souligné I. Kickbusch. Elle est plutôt responsable de la coordination de la santé publique mondiale.
I. Kickbusch a illustré son propos avec un exemple d’actualité: en effet, la 78e assemblée de l’OMS avec tous ses États membres s’est tenue en même temps que le congrès de la SSMIG. Ils ont adopté un nouvel accord sur la prévention et la riposte face aux pandémies. La nouveauté est que l’accord sur les pandémies contient une section qui devrait contribuer à rendre la lutte contre les pandémies plus équitable à l’avenir. Par exemple, en mettant librement à disposition des séquences d’ADN d’agents pathogènes pour développer des médicaments et des vaccins, ou en faisant don d’un pourcentage des doses de vaccins à l’OMS, qui se charge à son tour de les distribuer aux pays moins développés. I.Kickbusch a qualifié l’accord d’historique, mais les États membres doivent encore le ratifier au niveau national pour qu’il soit mis en œuvre dans sa forme actuelle.
Conséquences sur la pratique médicale quotidienne
Outre cet exemple d’actualité, l’intervenante a cité d’autres réalisations de l’OMS aujourd’hui incontournables dans la pratique médical quotidienne, comme la Classification internationale des maladies (CIM). En Suisse, la CIM est obligatoire et largement utilisée. De plus, l’OMS a publié d’innombrables normes qui sont également régulièrement mises à jour. Il s’agit notamment de normes relatives à la qualité de l’air et de l’eau ou à la santé numérique. Par ailleurs, elle publie des recommandations pratiques, dont celles en matière de vaccination, ou des directives. Ces dernières indiquent par exemple le niveau d’activité physique à pratiquer par jour ou les aliments contribuant à une alimentation saine.
Avec ces directives, l’OMS tente de lutter contre des maladies qui progressent dans le monde entier. I. Kickbusch a expliqué que l’obésité en est un exemple, car sa prévention constitue un objectif important de l’OMS. Dans ce contexte, l’organisation peut parfois poser des exigences très concrètes aux États membres, comme celle d’une taxe spéciale de 20% sur les boissons sucrées. L’introduction d’une telle taxe doit permettre de réduire la consommation de sucre et de prévenir l’obésité ainsi que les maladies connexes, a-t-elle précisé.
La discussion qui a suivi son exposé a également été très concrète: le public a demandé ce qu’un·e médecin de premier recours pouvait faire pour améliorer la santé mondiale. «Il y a de quoi faire», a déclaré I. Kickbusch. Si la volonté politique d’une coopération internationale dans le secteur de la santé diminue, le travail au niveau local est d’autant plus important, a-t-elle ajouté. La voix des associations professionnelles, par exemple, est précieuse dans ce secteur, tant au niveau national qu’auprès des ONG. En ce qui concerne le bilan écologique des hôpitaux, le personnel peut influencer l’orientation de l’établissement. Enfin, les équipes dans le secteur de la santé sont désormais souvent très internationales. Il est donc important de se soutenir mutuellement, de garantir un transfert des connaissances et d’encourager l’échange. «Nous devons tous faire preuve de solidarité afin d’améliorer la santé mondiale», a conclu I. Kickbusch.
Source:
Congrès de printemps de la SSMIG, du 21 au 23 mai 2025, à Bâle
Littérature:
1 Salm M et al.: Defining global health: findings from a systematic review and thematic analysis of the literature. BMJ Glob Health 2021; 6: e005292 2 Universität Zürich: Medienmitteilung vom 07.06.2023: Als erste europäische Universität gründet die UZH ein One Health Institut. https://www.research.uzh.ch/de/news/One-Health-Institute-at-UZH.html . Letzter Zugriff am: 12.07.2025 3 Bundesamt für Lebensmittelsicherheit und Veterinärwesen: One Health. https://www.blv.admin.ch/blv/de/home/das-blv/auftrag/one-health.html . Letzter Zugriff am: 12.07.2025 4 United Nations: Resolution adopted by the General Assembly on 27.07.2012: The future we want. https://www.un.org/en/development/desa/population/migration/generalassembly/docs/globalcompact/A_RES_66_288.pdf . Letzter Zugriff am: 12.07.2025 5 World Health Organization: Sustainable development goals. https://www.who.int/europe/about-us/our-work/sustainable-development-goals . Letzter Zugriff am: 12.07.2025
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