Asthme et FeNO: pertinence du biomarqueur
Compte-rendu:
Mag. Andrea Fallent
Rédactrice
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La mesure de la FeNO (fraction expirée du monoxyde d’azote) dans l’air expiré est une méthode non invasive, simple et rapide pour évaluer, surveiller et optimiser le traitement des inflammations des voies respiratoires telles que l’asthme bronchique.
Le rôle des biomarqueurs a considérablement gagné en importance dans le domaine de la médecine au cours des 10 à 15 dernières années, notamment en pneumologie, et plus particulièrement pour distinguer les différents phénotypes d’asthme. Ces biomarqueurs aident à diagnostiquer certaines maladies, à orienter les traitements et à vérifier leur efficacité.
La FeNO: un biomarqueur de l’asthme
«La fraction expirée du monoxyde d’azote (FeNO) est un biomarqueur qui indique l’étendue d’une inflammation de type2 dans les poumons», a déclaré en guise d’introduction la PD Dre méd. Robab Breyer-Kohansal, Service des maladies respiratoires et pulmonaires et Ludwig Boltzmann Institut für Lungengesundheit, Klinik Hietzing, Vienne.
Des études se penchent sur la pertinence de la FeNO en tant que biomarqueur depuis le début des années 1980. Il a été mis en évidence à l’époque que les cellules épithéliales saines des voies respiratoires produisent et libèrent également du monoxyde d’azote (NO), dont la quantité est influencée par certains éléments déclencheurs. Les faibles quantités de NO expiré sont physiologiques. La FeNO en tant que biomarqueur a également la particularité d’indiquer un phénotype d’asthme spécifique. L’activation d’interleukines, en particulier de l’IL-4 et de l’IL-13 en tant qu’éléments déclencheurs de l’inflammation de type2, entraîne une libération accrue de NO dans les cellules épithéliales des parois bronchiques.
En 1992, le NO a été désigné molécule de l’année. En 1998, il a été l’élément central du prix Nobel de médecine et de physiologie. «Il est impressionnant de constater que l’on peut déceler un problème dans les voies respiratoires grâce à une mesure aussi simple», a déclaré R. Breyer-Kohansal. «Nous savons désormais que deux maladies très prévalentes, à savoir la rhinite allergique et l’asthme bronchique allergique, se caractérisent par une augmentation de la FeNO», a-t-elle ajouté.
Les principaux facteurs déterminants contribuant à cette augmentation sont l’âge, la taille, le sexe, l’origine ethnique, l’atopie, la rhinite et les infections virales. Le tabagisme, le tabagisme passif, l’obésité et la bronchoconstriction aiguë peuvent contribuer à la réduire (Fig.1).2
Dans le cadre de l’étude LEAD menée par le Ludwig Boltzmann Institut für Lungengesundheit, à Vienne, la FeNO des sujets ainsi que l’influence de l’âge, du sexe et de la taille ont également été examinées. Les résultats ont été présentés au congrès de l’ERS 2022.3 Les données mettent en évidence qu’il serait souhaitable de définir des valeurs de référence concrètes pour la FeNO en fonction de ces paramètres. «Nous n’en sommes pas encore là. Jusqu’à présent, nous travaillons avec une valeur seuil qui fonctionne assez bien», explique R.Breyer-Kohansal.
Un paramètre diagnostique et thérapeutique
La FeNO est un très bon paramètre doté d’une grande sensibilité et spécificité pour l’asthme allergique. Elle est notamment utilisée en complément dans le cadre du diagnostic différentiel afin de distinguer d’autres maladies, en particulier la BPCO. Elle permet de donner une bonne estimation du nombre d’éosinophiles dans le sang. «Si la FeNO est supérieure à 40ppb, la probabilité d’asthme est multipliée par7», a déclaré R.Breyer-Kohansal.
Concernant le contrôle de l’asthme, la FeNO joue en outre un rôle important dans la prévention ou la réduction, mais aussi la détection des exacerbations.4,5 En ce sens, elle est également un marqueur du bénéfice des corticostéroïdes inhalés (CSI) dans le traitement ou de l’adhésion thérapeutique: «la FeNO peut être réduite jusqu’à 50% en quatre jours si les CSI sont pris régulièrement.»
FeNO en cas de Covid-19 et de pneumopathies interstitielles
La nature des processus inflammatoires et fibrotiques se produisant chez les patients souffrant de l’affection post-Covid-19 laisse supposer que la FeNO pourrait être un biomarqueur pertinent dans ce contexte. Dans une étude, 68 patients souffrant de l’affection post-Covid-19 ont été examinés après avoir été hospitalisés pour des manifestations cliniques persistantes dans les deux mois suivant l’apparition de la maladie; 29 sujets en bonne santé constituaient le groupe témoin.6 Aucun patient souffrant de l’affection post-Covid-19 ne présentait un asthme bronchique ou n’a été traité par un corticostéroïde. Résultat: seuls 19 des 68 patients souffrant de l’affection post-Covid-19 avaient une FeNO >25ppb. La FeNO moyenne s’élevait à 18,55ppb (IC à 95%: 15,50–21,58) par rapport à 17,46ppb (IC à 95%: 15,75–19,17) chez les sujets en bonne santé. Les données issues de cette étude indiquent que la mesure de la FeNO n’est pas un biomarqueur pertinent en cas d’affection post-Covid-19.
La situation est un peu différente en relation avec des pneumopathies interstitielles (PI),7 car le NO est également impliqué dans les processus fibrotiques. Comme l’a expliqué R.Breyer-Kohansal: «la FeNO a le potentiel de distinguer les PI idiopathiques et permet une bonne estimation en termes de survie, d’évolution de la maladie et de réduction de la fonction pulmonaire.» Les avantages suivants, qui rendraient la mise en œuvre attrayante dans le contrôle clinique, entrent ici aussi en ligne de compte: la reproductibilité, la répétabilité et la réalisation non invasive de la mesure. Selon l’intervenante, les données disponibles sont encore limitées.
Aspects importants de la mesure de la FeNO
La mesure de la FeNO est sûre, rapide et facile à réaliser à partir de l’âge de quatre ans environ, même si la fonction pulmonaire est fortement réduite. Elle requiert une grande sensibilité et un délai de réponse rapide de l’appareil de mesure. Selon les recommandations internationales, les appareils de mesure doiventavoir une sensibilité de 1ppb, une précision <1ppb et un délai de réponse <500ms.
Influence de l’alimentation
Ce biomarqueur présente un inconvénient: il peut être influencé par d’autres facteurs, notamment le mode de vie et l’alimentation. Les légumes-feuilles riches en nitrates, tels que la salade, les épinards, le chou et la betterave, peuvent ainsi augmenter la FeNO jusqu’à 150%,8,9 alors que la caféine, l’alcool et le tabac peuvent la réduire. L’effet de la cigarette est durable, comme le montrent les mesures réalisées chez les anciens fumeurs.10 Il convient d’informer les patients de ces facteurs avant la mesure, de même qu’il faille éviter tout sport une à deux heures avant celle-ci.
Variabilité naturelle
Même en l’absence d’inflammation des voies respiratoires, la FeNO présente une certaine marge de variation qui s’élève à environ 10% chez les sujets en bonne santé et jusqu’à 20% chez les asthmatiques. Une variation supérieure à 20% est considérée comme cliniquement significative. «Les valeurs précédentes ou la différence entre les mesures précédentes et les mesures actuelles sont donc considérées comme des points de repère importants», explique R.Breyer-Kohansal.
Résumé
L’experte a conclu en résumant les principaux points de la détermination de la FeNO (Tab. 1) et a rappelé une fois de plus que la mesure se veut seulement être un complément pertinent au contrôle de la fonction pulmonaire: «la FeNO fait partie intégrante de la cascade diagnostique, mais ne la remplace pas.»
Source:
Diffusion en direct en ligne de l’exposé «Fraktioniertes exhaliertes Stickstoffmonoxid (FeNO) in der Diagnose und Therapie von Asthma bronchiale» (Fraction expirée du monoxyde d’azote [FeNO] dans le diagnostic et le traitement de l’asthme bronchique) de la Société médicale autrichienne des preuves en vie réelle (ÖMGRWE), du 2 mars 2023, disponible dans la médiathèque sous https://rwe-online.at/e-learning
Littérature:
1 Alving K et al.: Basic aspects of exhaled nitric oxide. European Respiratory Society Monograph 2010; doi:10.1183/1025448x.erm4910 2 Ricciardolo F et al.: A pathophysiological approach for FeNO: A biomarker for asthma. Allergol Immunopaothol 2015; 43: 609-16 3 Bal C et al.: FeNO in a healthy population: normal ranges and contributing factors. Eur Respir J 2022; 60 (Suppl.66): 4523 4 Peirsman E et al.: Exhaled nitric oxide in childhood allergic asthma management: A randomised controlled trial. Pediatr Pulmonol 2014; 49: 624-31 5 Syk J et al.: Anti-inflammatory treatment of atopic asthma guided by exhaled nitric oxide: a randomized, controlled trial. J Allergy Clin Immunol Pract 2013; 1: 639-48 6 Maniscalco M et al.: Can FeNO be a biomarker in the post-COVID-19 patients monitoring? Respir Med 2022; 193: 106745 7 Cameli P et al.: Extended exhaled nitric oxide analysis in interstitial lung diseases: a systematic review. Int J Mol Sci 2020; 21: 6187 8 Kroll JL et al.: Acute ingestion of beetroot juice increases exhaled nitric oxide in healthy individuals. PLoS One 2018; 13: e0191030 9 Kerley CP et al.: Dietary nitrate acutely and markedly increased exhaled nitric oxide in a cystic fibrosis case. Clin Med Res 2016; 14: 151-5 10 Jacinto T et al.: Differential effect of cigarette smoke exposure on exhaled nitric oxide and blood eosinophils in healthy and asthmatic individuals. J Breath Res 2017; 11: 036006
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