Comment traiter le syndrome ducôlonirritable? Vue d’ensemble des optionsthérapeutiques
Compte-rendu:
Moana Mika, PhD
Rédactrice
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Le syndrome du côlon irritable (SCI) se manifeste par de nombreux symptômes, il existe donc autant d’options thérapeutiques. Le Pr Dr méd. Daniel Pohl, médecin adjoint, Clinique degastroentérologie etd’hépatologie de l’Hôpital universitaire de Zurich, a fourni une vue d’ensemble dans son exposé lors du congrès annuel de la Société Suisse de Gastroentérologie.
Keypoints
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La règle dans le traitement du SCI est la suivante: se concentrer sur les symptômes les plus pénibles.
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Les aliments sont les facteurs déclenchants les plus fréquents. La première chose à faire est donc d’adapter son alimentation.
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Une activité physique d’intensité faible contribue également à la régulation du transit intestinal.
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Si les symptômes persistent, un traitement médicamenteux par étapes est mis en place.
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Des mesures de soutien psychologique prises en parallèle peuvent avoir un effet bénéfique.
Le SCI est comparable à la météo: des fronts reviennent de manière récurrente, allant des nuages à la tempête, et, malgré les prévisions, les surprises sont toujours au rendez-vous. De la même manière que le parapluie ou la casquette aident en cas d’intempérie, il convient dans le cas du SCI d’identifier les symptômes les plus pénibles et de les traiter en conséquence.
La question est donc de savoir quels sont ces symptômes pour les patient·es. Le syndrome du côlon irritable («Irritable Bowel Syndrome», IBS) se caractérise par une grande diversité de symptômes allant des ballonnements et des flatulences aux nausées, à la constipation ou à la diarrhée, en passant par les douleurs abdominales. «Des enquêtes ont montré que les ballonnements constituent le symptôme le plus pénible pour les patient·es, suivi par les douleurs abdominales», a expliqué D. Pohl lors de son exposé intitulé «How do I treat IBS?».
L’importance de l’information des patient·es
D. Pohl préconise une approche par étapes dans le traitement du SCI. La première étape consiste à informer les patient·es sur la maladie et à dissiper les idées reçues courantes concernant l’alimentation, les allergies et les intolérances, la digestion, les douleurs et le microbiote.
L’une de ces idées reçues concerne les allergies et les intolérances: une étude menée auprès de jeunes adultes a révélé que le SCI était déclenché par l’alimentation chez jusqu’à 84% des patient·es, mais que seul·es 2 à 4% environ présentaient une allergie alimentaire sous-jacente. Il s’agit d’une intolérance alimentaire dans tous les autres cas, selon D. Pohl. Les facteurs déclenchants d’intolérance sont généralement les aliments gras, les produits laitiers, les légumes ou les céréales.1
Le «loss of oral tolerance model» propose une explication possible de l’intolérance et des symptômes associés, notamment les douleurs abdominales. Selon ce modèle, une infection bactérienne dans le tractus gastro-intestinal peut déclencher une réponse immunitaire qui provoque la production des anticorps IgE contre certains antigènes alimentaires. Ces anticorps se fixent sur les mastocytes, ce qui entraîne une sensibilisation. Si l’antigène en question est à nouveau ingéré, les mastocytes libèrent de l’histamine et d’autres médiateurs. Ceci conduit à son tour à la survenue de douleurs symptomatiques via l’hyperexcitabilité des afférences viscérales médiée par les récepteurs H1 de l’histamine.2
Modification du mode de vie indispensable
Au début du traitement du SCI, il convient donc d’examiner les habitudes alimentaires et, le cas échéant, de les adapter. Le régime FODMAP peut être utilisé à cet effet: l’acronyme signifie «Fermentescible Oligosaccharides, Disaccharides, Monosaccharides And Polyols». «Ce régime doit toutefois uniquement être suivi en étroite collaboration avec un·e diététicien·ne», a précisé D. Pohl lors de son exposé. Il est divisé en trois phases. Dans la première phase, les aliments contenant des FODMAP sont supprimés complètement. Ils sont réintroduits l’un après l’autre dans la deuxième phase, suivie de l’adoption d’une alimentation personnalisée en fonction des tolérances individuelles dans la dernière phase. Des études ont mis en évidence l’efficacité du régime FODMAP chez les patient·es atteint·es du SCI, notamment pour réduire les flatulences et les douleurs abdominales.3
D. Pohl considère que l’activité physique constitue une autre modification du mode de vie dans le traitement du SCI, car elle peut favoriser la motilité intestinale. La modération est toutefois de mise: une étude a conclu que la marche ou la course à pied d’intensité faible était plus bénéfique que la course à pied d’intensité soutenue.4
En l’absence d’amélioration des symptômes du SCI grâce à l’adaptation de l’alimentation et à l’activité physique, D. Pohl déclare lors de son exposé qu’il faut passer à un traitement médicamenteux. Ce dernier se déroule également par étapes. «Je commence toujours par utiliser des phytomédicaments, comme la menthacarine ou la préparation STW5», a-t-il déclaré. STW5 contient neuf extraits de plantes qui ont montré une efficacité significativement supérieure au placebo dans le traitement des symptômes du SCI dans le cadre d’une étude randomisée en double aveugle.5 La menthacarine et la préparation STW5 ont, entre autres, un effet antispasmodique. Si cet effet doit être renforcé dans le traitement, des antispasmodiques conventionnels peuvent également être utilisés en complément, par exemple la butylscopamine, a déclaré D. Pohl.
Traitement par étapes
D. Pohl a proposé des probiotiques comme deuxième étape de l’escalade thérapeutique. Ils sont populaires auprès des patient·es et sont désormais recommandés dans les directives de la Société allemande de gastroentérologie, des maladies digestives et métaboliques (DGVS).6 Si les patient·es présentent en particulier de la diarrhée, il convient toutefois d’utiliser l’ondansétron ou des chélateurs des acides biliaires, selon lui.7 L’ondansétron inhibe les récepteurs de la sérotonine, ce qui a pour effet de ralentir le transit intestinal et d’augmenter le temps d’absorption.8
Si les symptômes persistent, D. Pohl estime qu’il faut ensuite utiliser des antihistaminiques. «Je recommande l’antagoniste des récepteurs H1 de l’histamine ébastine, qui peut limiter l’hypersensibilité viscérale et les douleurs abdominales chez les patient·es atteint·es du SCI», a-t-il ajouté.9 Conformément au «loss of oral tolerance model», le traitement par des antihistaminiques se concentre sur les mastocytes: les antihistaminiques inhibent l’effet de l’histamine sécrétée par les mastocytes, ce qui réduit les douleurs abdominales selon le modèle.2
Si les douleurs persistent, D. Pohl recommande cependant de passer aux neuromodulateurs. «Les antidépresseurs ont donné les meilleurs résultats dans le traitement du SCI. Ils agissent comme des analgésiques viscéraux», a-t-il déclaré.10 Il a ajouté que le traitement prenait toutefois du temps: «il faut compter au moins six mois avant que les premiers effets ne se fassent sentir».
D. Pohl utilise des antibiotiques pour la dernière étape de l’escalade thérapeutique. «Cela ne s’applique toutefois que dans de très rares cas», a-t-il souligné. Les antibiotiques présentent un inconvénient de taille: il existe un risque de résistance, ce qui oblige à répéter le traitement, voire à administrer des substances actives supplémentaires. Si une antibiothérapie reste indiquée, il recommande d’utiliser la rifaximine. Des résultats d’études sur cet antibiotique dans le traitement du SCI sont disponibles.11
Mesures de soutien psychologique: une option?
D. Pohl a conclu son exposé en indiquant que des mesures de soutien psychologique peuvent être mises en place à tout moment parallèlement aux étapes de l’escalade thérapeutique présentées, comme une psychothérapie ou des méthodes de relaxation. «Ces mesures ne sont néanmoins pas adaptées à l’ensemble des patient·es», a-t-il précisé. Elles sont particulièrement indiquées chez les patient·es qui acceptent le diagnostic, mais qui sont isolé·es ou stressé·es par leur maladie. Il·elles doivent avant tout être disposé·es à consacrer du temps aux mesures de soutien, selon lui.12◼
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Source:
Congrès annuel de la Société Suisse de Gastroentérologie (SGGSSG) et de la Swiss Association for the Study of the Liver (SASL), du 11 au 12 septembre 2025, à Interlaken
Littérature:
1 Böhn L et al.: Self-reported food-related gastrointestinal symptoms in IBS are common and associated with more severe symptoms and reduced quality of life. Am J Gastroenterol 2013; 108(5): 634-41 2 Aguilera-Lizarraga J et al.: Local immune response to food antigens drives meal-induced abdominal pain. Nature 2021; 590(7844): 151-6 3Van Lanen AS et al.: Efficacy of a low-FODMAP diet in adult irritable bowel syndrome: a systematic review and meta-analysis. Eur J Nutr 2021; 60(6): 3505-22 4 Baart AM et al.: The impact of running on gastrointestinal symptoms in patients with irritable bowel syndrome. Neurogastroenterol Motil 2024; 36(1): e14707 5 Madisch A et al.: Treatment of irritable bowel syndrome with herbal preparations: results of a double-blind, randomized, placebo-controlled, multi-centre trial. Aliment Pharmacol Ther 2004; 19(3): 271-9 6 Layer P et al.: Update S3-Leitlinie Reizdarmsyndrom: Definition, Pathophysiologie, Diagnostik und Therapie. Gemeinsame Leitlinie der Deutschen Gesellschaft für Gastroenterologie, Verdauungs- und Stoffwechselkrankheiten (DGVS) und der Deutschen Gesellschaft für Neurogastroenterologie und Motilität (DGNM). Z Gastroenterol 2021; 59: 1323-415 7 Wedlake L et al.: Systematic review: the prevalence of idiopathic bile acid malabsorption as diagnosed by SeHCAT scanning in patients with diarrhoea-predominant irritable bowel syndrome. Aliment Pharmacol Ther 2009; 30(7): 707-17 8Gunn D et al.: Randomised, placebo-controlled trial and meta-analysis show benefit of ondansetron for irritable bowel syndrome with diarrhoea: The TRITON trial. Aliment Pharmacol Ther 2023; 57(11): 1258-71 9 Aguilera-Lizarraga J et al.: Immune activation in irritable bowel syndrome: what is the evidence? Nat Rev Immunol 2022; 22(11): 674-86 10 Ford AC et al.: Effect of antidepressants and psychological therapies, including hypnotherapy, in irritable bowel syndrome: systematic review and meta-analysis. Am J Gastroenterol 2014; 109(9): 1350-65 11 Pimentel M et al.: Rifaximin therapy for patients with irritable bowel syndrome without constipation. N Engl J Med 2011; 364(1): 22-32 12 Keefer L et al.: How should pain, fatigue, and emotional wellness be incorporated into treatment goals for optimal management of inflammatory bowel disease? Gastroenterology 2022; 162(5): 1439-51
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