Actualités sur les lipides et le café en cas de fibrillation auriculaire
Compte-rendu:
Christian Fexa
Rédacteur en chef
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Le congrès de l’American Heart Association, qui s’est tenu en novembre 2025 à La Nouvelle-Orléans, a fourni des informations importantes sur l’état actuel des connaissances sur le traitement hypolipémiant et une idée de ce à quoi il pourrait ressembler dans un avenir proche, voire lointain. En outre, une étude intéressante sur la consommation de café en cas de fibrillation auriculaire a été présentée.
Keypoints
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En ce qui concerne les critères d’évaluation primaires MACE-3 et MACE-4, l’évolocumab a permis une réduction du risque de 25% et 19%, respectivement. Les personnes présentant un risque CV sans antécédents d’IM bénéficient au moins autant d’une réduction supplémentaire des lipides que celles ayant des antécédents d’infarctus.
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L’administration d’inhibiteurs de la PCSK9 sous forme d’un comprimé par jour pourrait constituer à l’avenir une alternative efficace aux injections.
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La substance DR10624 est un multi-agoniste novateur potentiel avec activation des récepteurs au FGF21, au glucagon et au GLP-1 visant à réduire les triglycérides.
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CTX310 montre qu’une thérapie génique pour l’ANGPTL3 est en principe possible chez l’humain.
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Le café ou d’autres produits contenant de la caféine pourraient réduire le risque de récidive de la FA après une cardioversion réussie.
VESALIUS-CV: une étude phare portant sur l’évolocumab
L’inhibiteur de la PCSK9 évolocumab a déjà montré qu’il réduisait le taux d’événements indésirables cardiovasculaires majeurs (MACE) chez les patient·es ayant des antécédents d’infarctus du myocarde (IM), d’accident vasculaire cérébral (AVC) ou de maladie artérielle occlusive périphérique (MAOP) symptomatique. Une étude a été menée afin de déterminer si cela s’applique également aux patient·es sans antécédents d’événement cardiovasculaire (CV), mais présentant un risque accru en raison d’une athérosclérose ou d’un diabète de type 2 (DT2). Des résultats présentés pour la première fois lors du congrès de l’AHA ont révélé que l’évolocumab réduisait également le risque de survenue de MACE et la mortalité chez ces patient·es.
L’étude de phase III internationale, en double aveugle, randomisée, contrôlée par placebo VESALIUS-CV1,2 a inclus 12257 patient·es atteint·es d’athérosclérose ou de DT2 sans antécédents d’IM ou d’AVC. L’âge médian était de 66 ans et 43% étaient des femmes. La durée de suivi médiane s’élevait à 4,6 ans. Ont été inclus·es des patient·es présentant un cholestérol-LDL (LDL-C) ≥2,33mmol/l sous traitement hypolipémiant optimisé. Les participant·es ont été randomisé·es selon le rapport 1:1 pour recevoir 140mg d’évolocumab par voie sous-cutanée toutes les 2 semaines ou un placebo. Les critères d’évaluation primaire étaient un MACE-3 (décès lié à une maladie coronarienne, IM ou AVC ischémique) et un MACE-4 (MACE-3 et revascularisation liée à l’ischémie). L’athérosclérose était présente chez 67% des patient·es, dont 45% étaient également atteint·es d’une maladie coronarienne sans IM, 10% d’une maladie cérébrovasculaire sans AVC et 17% d’une MAOP. 33% présentaient des facteurs de risque, mais aucune athérosclérose. 58% étaient atteint·es de DT2 et 49% de DT2 avec un risque CV élevé. 92% ont reçu un traitement hypolipémiant et 72% un traitement intensif. 87% ont reçu des statines, 68% un traitement intensif et 20% de l’ézétimibe en complément. Au début de l’étude, le LDL-C médian était de 2,98mmol/l. Après 48 semaines, il était de 2,82mmol/l sous placebo et de 1,16mmol/l sous évolocumab, ce qui correspond à une réduction du LDL-C de 55% et de 1,63mmol/l, respectivement.
Un MACE-3 est survenu chez 336 patient·es (6,2%) sous évolocumab et chez 443 (8,0%) sous placebo. Cela représente une réduction du risque relatif de 25% (HR: 0,75; IC à 95%: 0,65–0,86; p<0,001). Un MACE-4 est survenu chez 13,4% des patient·es sous évolocumab et chez 16,2% sous placebo, soit une réduction du risque de 19% (HR: 0,81; IC à 95%: 0,73–0,89; p<0,001). Les avantages de l’évolocumab ont également été observés sur les critères d’évaluation secondaires, avec une réduction du risque d’IM de 36%, de revascularisation de 21% et de décès CV de 21%. En cas d’AVC ischémique, seule une tendance positive en termes de réduction a été observée (HR: 0,79; p=0,062). Il est important de noter que la mortalité globale a connu une réduction significative de 20% (HR: 0,80; IC à 95%: 0,70–0,91). Les résultats étaient cohérents dans tous les sous-groupes évalués. L’évolocumab a été très bien toléré.
L’étude phare VESALIUS-CV démontre que l’évolocumab réduit également le risque d’événements CV et la mortalité chez les patient·es sans antécédents d’événement CV.
Les inhibiteurs de la PCSK9 administrés par voie orale peuvent-ils remplacer les injections?
L’étude CORALreef Lipids3 menée sur 2912 patient·e a évalué l’efficacité et la sécurité de l’enlicitide chez des adultes souffrant ou présentant un risque de maladie cardiovasculaire athéroscléreuse. L’âge moyen était de 63 ans et 39% étaient des femmes. Les participant·es présentaient des taux élevés de LDL-C malgré un traitement hypocholestérolémiant par des statines, en combinaison avec l’ézétimibe pour un quart d’entre eux·elles.
L’étude a été menée dans 168 centres dans le monde. Les participant·es ont été randomisé·es: 1935 ont reçu 20mg d’enlicitide/j et 969 un placebo. Après 24 semaines, il est apparu que l’enlicitide avait réduit le LDL-C de jusqu’à 60%, le non-HDL-C de 53%, l’apolipoprotéine B de 50% et la lipoprotéine(a) de 28% par rapport au placebo. Environ 70% ont présenté à la fois une réduction d’au moins 50% du LDL-C et un LDL-C <1,81mmol/l sous enlicitide. Chez plus des deux tiers, le LDL-C était <1,42mmol/l. Des effets secondaires sévères sont survenus chez 10% des patient·es sous enlicitide par rapport à 12% des patient·es sous placebo. Les abandons de l’étude liés aux effets secondaires ont été de 3% sous enlicitide et de 4% sous placebo.
L’administration d’un comprimé par jour pourrait donc constituer à l’avenir une alternative efficace aux injections. L’enlicitide et d’autres inhibiteurs de la PCSK9 administrés par voie orale font actuellement l’objet de vastes études sur les critères d’évaluation primaires, notamment la vaste étude sur les critères d’évaluation primaires portant sur l’enlicitide CORALreef Outcomes menée sur 14500 participant·es.
Triple agoniste contre l’hypertriglycéridémie sévère
Une étude de phase II randomisée, en double aveugle, contrôlée par placebo4 a évalué l’efficacité et la sécurité de la substance active DR10624 chez des adultes souffrant d’hypertriglycéridémie sévère. Il s’agit d’un triple agoniste des récepteurs au FGF21, au glucagon et au GLP-1. Au final, 79 personnes ont participé à la phase de traitement de 12 semaines. L’âge moyen était de 46 ans et 89% étaient des hommes. Au début de l’étude, l’ensemble des participant·es présentaient des taux de triglycérides compris entre 6,21 et 22,6mmol/l. Environ 30% prenaient des médicaments réduisant les triglycérides. Il·elles ont été randomisé·es en 4 groupes recevant la substance DR10624 sous forme d’injections sous-cutanées hebdomadaires à la dose de 12,5mg, 25mg ou 50mg, ou un placebo.
Après 12 semaines, une réduction significative des taux de triglycérides a été observée dans tous les groupes recevant la substance DR10624 par rapport au placebo. Elle était en moyenne de 74,5% dans le groupe recevant 12,5mg, de 66,2% dans celui recevant 25mg et de 68,9% dans celui recevant 50mg. Le placebo a entraîné une réduction de seulement 8,0%. 89,5% des participant·es sous DR10624 ont obtenu des taux de triglycérides inférieurs à 5,65mmol/l par rapport à 25,0% sous placebo. Une réduction d’au moins 50% des taux de triglycérides a été observée chez 78,5% des patient·es sous DR10624 et chez 5% sous placebo. Le cholestérol total, le HDL-C et le non-HDL-C, ainsi que les lipoprotéines riches en triglycérides se sont également améliorées sous DR10624, alors que ce n’était pas le cas pour le LDL-C et l’HbA1c. En outre, une diminution moyenne de la teneur en graisse du foie de 63,5% a été constatée, par rapport à 8,4% sous placebo.
La substance DR10624 a présenté un profil de sécurité favorable, les effets secondaires gastro-intestinaux tels que les nausées ou les troubles gastriques étaient légers et les plus fréquents. Aucun événement indésirable grave ou inattendu n’a été observé.
CTX310: édition génomique par CRISPR-Cas9 du gène ANGPTL3
L’ANGPTL3 (angiopoietin-like protein 3) inhibe les enzymes lipoprotéine lipase et lipase endothéliale, qui dégradent les triglycérides et le cholestérol. Les mutations génétiques avec perte de fonction sont associées à des taux plus faibles de LDL-C et de triglycérides, ainsi qu’à un risque plus faible de maladies cardiovasculaires athéroscléreuses.
Une étude de phase I5 a évalué la sécurité et l’efficacité de la thérapie génique par CRISPR-Cas9 CTX310 ciblant l’ANGPTL3. Cette protéine inhibe les enzymes lipoprotéine lipase et lipase endothéliale, qui dégradent les triglycérides et le cholestérol. Il existe des mutations génétiques d’ANGPTL3 avec perte de fonction. Elles sont associées à des taux plus faibles de LDL-C et de triglycérides, ainsi qu’à un risque plus faible de maladies cardiovasculaires athéroscléreuses. CTX310 est un système CRISPR-Cas9 encapsulé dans une nanoparticule lipidique. Treize hommes et deux femmes âgé·es de 18 à 75 ans présentant différentes formes de dyslipidémie non contrôlée malgré un traitement hypolipémiant maximal ont été inclus·es dans l’étude. Il·elles ont reçu une perfusion intraveineuse unique à des doses croissantes de 0,1, 0,3, 0,6, 0,7 ou 0,8mg par kilogramme de poids corporel.
Les variations des taux d’ANGPTL3 ont été en moyenne de 9,6% (–21,8 à 71,2%) à 0,1mg/kg, de 9,4% (–25,0 à 63,9%) à 0,3mg/kg, de –32,7% (–51,4 à –19,4%) à 0,6mg/kg, de –79,7% (–86,8 à –72,5%) à 0,7mg/kg et de –73,2% (–89,0 à –66,9%) à 0,8mg/kg. Le traitement a réduit le taux de LDL-C de près de 50% et le taux de triglycérides d’environ 55%, et a en outre entraîné une baisse significative de l’ApoC3.
Aucune toxicité dose-limitante n’a été observée. Cependant, deux personnes ont connu des événements indésirables graves: une hernie discale et une mort subite 179 jours après l’administration de la dose de 0,1mg/kg. Des réactions à la perfusion telles que des douleurs dorsales et des nausées sont survenues chez trois personnes, et une personne a présenté une augmentation des aminotransférases de 3 à 5 fois la valeur initiale, avec une normalisation au jour 14. Des études de phase 2 portant sur CTX310 sont prévues.
Fibrillation auriculaire: boire une tasse de café par jour est-il bénéfique?
Pour la première fois, une étude randomisée a examiné l’effet du café contenant de la caféine sur le risque d’épisodes récurrents de fibrillation auriculaire (FA) après une cardioversion réussie.6,7 L’étude clinique internationale, multicentrique, prospective, ouverte, randomisée DECAF (Does Eliminating Coffee Avoid Fibrillation) a évalué l’influence de la consommation d’environ une tasse de café contenant de la caféine par jour sur le risque de FA par rapport à la non-consommation de caféine. L’étude a porté sur 200 patient·es adultes atteint·es de FA aux États-Unis, en Australie et au Canada. L’âge moyen était de 69 ans et 71% étaient des hommes. Les participant·es ont indiqué boire normalement environ une tasse de café par jour.
Il·elles ont subi une cardioversion réussie en raison d’une FA ou d’un flutter auriculaire avec antécédents de FA. Il·elles ont ensuite été randomisé·es selon le rapport 1:1 soit dans le groupe consommant du café, qui a continué à boire environ une tasse par jour, soit dans le groupe ne consommant pas de café, qui a dû s’abstenir complètement de consommer de la caféine pendant les 6 mois suivants. La moitié prenaient des antiarythmiques et ont continué à les prendre pendant l’étude. La consommation de café et d’autres boissons contenant de la caféine a fait l’objet de trois entretiens téléphoniques approfondis au cours de l’étude. Le critère d’évaluation primaire était les récidives de FA ou de flutter auriculaire détectées cliniquement (durée ≥30 secondes). La durée de suivi était de 6 mois.
Les récidives de FA ou de flutter auriculaire étaient moins fréquentes dans le groupe consommant du café (47%) que dans le groupe ne consommant pas de caféine (64%). En comparaison, cela signifie une réduction significative de 39% du risque de récidive (HR: 0,61; IC à 95%: 0,42–0,89; p=0,010). Un bénéfice similaire de la consommation de café a uniquement été constaté pour les récidives de FA. Aucune différence significative entre les deux groupes n’a été observée en ce qui concerne les événements indésirables tels que les hospitalisations d’origine cardiovasculaire ou les décès toutes causes confondues.
Source:
Congrès 2025 de l’AHA (Scientific Sessions de l’American Heart Association), du 7 au 10 novembre 2025, à La Nouvelle Orléans, aux États-Unis
Littérature:
1 Bohula E: Effect of evolocumab in patients at high cardiovascular risk without prior myocardial infarction or stroke: primary results of the VESALIUS-CV trial. 8.11.2025, New Orleans, AHA Congress 2025; Presentation 2 Bohula E et al.: Evolocumab in patients without a previous myocardial infarction or stroke. N Engl J Med 2026; 394(2): 117-27 3 Ballantyne C: Enlicitide decanoate, an oral PCSK9 inhibitor, in participants with heterozygous familial hypercholesterolemia: a phase 3, double-blind, randomized placebo-controlled trial. Late-Breaking Science in Featured Science Sessions, 9.11.2025, New Orleans, AHA Congress 2025 4 Li J: DR10624, a first-in-class, FGF21 receptor/glucagon receptor/GLP-1 receptor triple agonist, rapidly and significantly reduced triglycerides, atherogenic lipids, and liver fat in patients with severe hypertriglyceridemia: primary results from a randomized phase 2 trial. LBS.01 Groundbreaking Trials in Cardiometabolic Therapeutics, 8.11.2025, New Orleans, AHA Congress 2025 5 Nicholls S: First-in-human phase 1 clinical trial of a CRISPR-Cas9 gene editing therapy targeting ANGPTL3. Late-Breaking Science, 8.11.2025, New Orleans, AHA Congress 2025 6 Wong CX: The Does Eliminating Coffee Avoid Fibrillation (DECAF) Trial. Late-Breaking Science Session 4: Cardiometabolic and Lifestyle Interventions for AF, 9.11.2025, New Orleans, AHA Congress 2025 7 Wong CX, Cheung CC et al.: Caffeinated coffee consumption or abstinence to reduce atrial fibrillation: the DECAF randomized clinical trial. JAMA 2025: 335(4): 317-25
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