Dernières données sur la perte de poids
Compte-rendu:
Dipl.-Ing. Dr Manuel Spalt-Zoidl
Journaliste médical
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Des études cliniques ont montré que le sémaglutide, un agoniste des récepteurs du GLP-1, entraîne une perte de poids importante chez les adultes atteints d’obésité (IMC ≥30 kg/m²) ou de surpoids (≥27 kg/m²) et présentant au moins une comorbidité liée au poids. Lors du Congrès européen sur l’obésité (ECO) de cette année, des expert·es de renom ont présenté les derniers résultats concernant le sémaglutide.
Keypoints
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Les patient·es recevant la dose élevée de sémaglutide ont atteint leurs objectifs de perte de poids significativement plus rapidement que ceux du groupe placebo.
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La perte de poids observée avec le sémaglutide était due à 84,5% à la réduction de la graisse totale et de la graisse viscérale, sans que la masse maigre ni les performances physiques ne soient significativement affectées.
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Le sémaglutide a donné des résultats similaires en matière de perte de poids et de réduction du risque d’événements cardiovasculaires indésirables graves, quel que soit le statut ménopausique.
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Une étude comparative indirecte entre des GLP-1-RA par voie orale a mis en évidence un pourcentage de perte de poids supérieur ainsi que des taux d’abandon plus faibles avec le sémaglutide 25 mg par rapport à l’orforglipron 36 mg.
Étude STEP-UP
Dans le cadre de l’étude STEP-UP, en plus d’une dose d’entretien par voie SC hebdomadaire de 2,4mgde sémaglutide, une forme à forte dose de 7,2 mg a été évaluée. Les participants atteints d’obésité ont reçu, selon un rapport de 5:1:1, respectivement 7,2 mg de sémaglutide (n=1005), 2,4 mg de sémaglutide (n=201) ou un placebo (n=201) pendant 72 semaines. Les groupes recevant le traitement actif ont fait l’objet d’une phase d’augmentation progressive de la dose de 16 semaines jusqu’à l’obtention de la concentration cible respective. Il est apparu que la dose de sémaglutide de 7,2 mg entraînait, à l’issue de la période d’observation, une perte de poids moyenne significativement plus importante (20,7%) que le sémaglutide à raison de 2,4 mg ou que le placebo (respectivement 17,5% et 2,4%; p<0,0001).1
Durée nécessaire à la perte de poids et maintien du poids
«Dans la pratique clinique, le délai d’apparition de la perte de poids est au centre de l’intérêt», explique la Dre Giorgia Argyrakopoulou, du Centre médical d’Athènes, en Grèce. Dans une analyse post hoc de l’étude STEP-UP, les délais d’atteinte de différents objectifs de perte de poids (≥5%; ≥10%; ≥15%; ≥20%; ≥25%) ont été mesurés. Les patient·es recevant la dose de sémaglutide de 7,2 mg ont atteint significativement plus rapidement leur objectif que ceux du groupe placebo (p<0,05; Fig.1). «De plus, la perte de poids obtenue a pu être maintenue jusqu’à la fin de l’étude», souligne G. Argyrakopoulou.2
Fig. 1: Délai moyen d’atteinte des objectifs de perte de poids sous sémaglutide ou sous placebo (d’après Argyrakopoulou G et al. 2026)2
Au total, 26,9% des participants du groupe ayant reçu la dose élevée de sémaglutide ont été classés comme «répondeurs précoces» (perte de poids ≥15% en 24 semaines), comparativement à 3,0% seulement dans le groupe placebo. Les «répondeurs précoces» avaient obtenu une perte de poids moyenne de 27,7% avec le sémaglutide jusqu’à la semaine 72. Les participants qui n’avaient pas été classés dans la catégorie des «répondeurs précoces» avaient obtenu à la fin de l’étude une perte de poids numériquement inférieure, de 15,4%.3
Composition corporelle et masse musculaire
Afin d’évaluer l’impact d’une perte de poids importante sur la composition corporelle et la force musculaire proximale, une IRM ainsi qu’un test du lever de chaise ont été réalisés chez des participants issus des groupes sémaglutide combinés et du groupe placebo.4
Comparativement au placebo, le sémaglutide a entraîné des réductions significativement plus importantes du volume graisseux total (réduction de 11,1 litres; IC à 95%: 16,5–5,7; p<0,001) et de la masse adipeuse viscérale (réduction de 1,5 litre; IC à 95%: 2,9–0,1; p=0,042). La perte de masse maigre n’était pas significativement plus importante que celle observée avec le placebo. De même, lors de l’évaluation de la force musculaire proximale, aucune différence significative n’a été constatée entre le groupe de traitement actif et le groupe placebo lors du test du lever de chaise. Le pourcentage de perte de poids induit par le sémaglutide était donc imputable à 84,5% à la graisse totale et à la graisse viscérale, sans altération des performances physiques.4
Efficacité du sémaglutide après la ménopause
«La ménopause s’accompagne notamment d’une augmentation de la graisse viscérale, ce qui entraîne un risque cardiovasculaire deux fois plus élevé», expliquent le Dr Santiago Palacios, de la Clinique Palacios pour la santé des femmes à Madrid, en Espagne, et la Dre Emiliana Huvinen, de l’université d’Helsinki, en Finlande.5 Cependant, l’efficacité des traitements pharmacologiques aux différents stades de la ménopause n’est souvent pas suffisamment évaluée. Pour pallier ce manque, une nouvelle analyse post hoc de l’étude STEP-UP a examiné l’efficacité du sémaglutide à une dose de 7,2 mg chez 1407 femmes, aux stades préménopausique, périménopausique et postménopausique.6
Le médicament a entraîné des pertes de poids moyennes similaires, quel que soit le statut ménopausique (22,6% vs 19,9% vs 19,8%).7 Par ailleurs, dans le cadre de l’étude SELECT, le sémaglutide à 2,4 mg a entraîné une réduction numérique de 16% du risque d’événements cardiovasculaires graves (HR: 0,84; IC à 95%: 0,66–1,07). Cet effet a été observé sans différences significatives avant et après la ménopause.7
Comparaison des GLP-1-RA oraux
D’après une enquête américaine menée auprès de 800 participants, outre la perte de poids et la réduction du risque cardiovasculaire, la voie d’administration du GLP-1-RA joue également un rôle central pour les patient·es. La plupart des personnes interrogées préfèrent une prise par voie orale à une administration par voie sous-cutanée.8
La Food and Drug Administration (FDA) américaine a autorisé deux GLP-1-RA oraux, le sémaglutide 25 mg et l’orforglipron, pour le traitement des adultes atteints d’obésité ou de surpoids et présentant au moins une comorbidité liée au poids. Afin d’aider les professionnels de santé à choisir le médicament en l’absence d’analyse comparative directe, Bøg et al. ont réalisé une analyse comparative indirecte.9 Plus précisément, les données individuelles des patients de l’étude OASIS-4 ont été utilisées pour prédire l’efficacité du sémaglutide à 25 mg au sein de la population de l’étude ATTAIN-1 (Tab. 1).9–11 Bøg souligne qu’il convient d’interpréter ces différences marquées avec prudence, car elles peuvent comporter de nombreuses erreurs en raison du faible nombre de cas. Cette analyse indirecte pourrait néanmoins fournir des premiers indices sur d’éventuelles différences entre les GLP-1-RA disponibles jusqu’ici et les GLP-1-RA oraux.9
Tab. 1: Différences entre le sémaglutide 25 mg et l’orforglipron 36 mg selon une analyse comparative indirecte (d’après Michalak W et al. 2026)9
Source:
33rd European Congress on Obesity, du 12 au 15 mai 2026, à Istanbul
Littérature:
1Wharton S et al.: Once-weekly semaglutide 7.2 mg in adults with obesity (STEP UP): a randomised, controlled, phase 3b trial. Lancet Diabetes Endocrinol 2025; 13: 949-63 2 Argyrakopoulou G et al.: Time to sustainable weight reduction thresholds with semaglutide 7.2 mg in adults with obesity: a post hoc analysis of the STEP UP trial. Abstract No. AD02.02; ECO 2026, Istanbul 3 Dicker D et al.: Early responders to semaglutide 7.2 mg: a post hoc analysis of the STEP UP trial in adults with obesity. Abstract No. PO4.002; ECO 2026, Istanbul 4 Hjelmesæth J et al.: Effect of semaglutide on body composition and proximal muscle strength: the STEP UP trial. Abstract No. PO4.262; ECO 2026, Istanbul 5 Chrysohoou C et al.: Twenty-year cardiovascular disease incidence in menopausal women: insights from the ATTICA study. Climacteric 2026; 29: 231-8 6 Huvinen E et al.: Body weight loss with semaglutide 7.2 mg is independent of menopausal status in women with obesity: a post hoc analysis of the STEP UP trial. Abstract No. AS02.05; ECO 2026, Istanbul 7 Huvinen E et al.: Impact of semaglutide 2.4 mg on MACE in perimenopausal and postmenopausal women with obesity and cardiovascular disease. Abstract No. AS02.04; ECO 2026, Istanbul 8 Bell ST et al.: Preferences for obesity medications among people with overweight or obesity. Abstract No. LBP4.153; ECO 2026, Istanbul 9 Michalak W et al.: Oral semaglutide 25 mg versus orforglipron 36 mg in obesity: a population-adjusted indirect treatment comparison. Diabetes Obes Metab 2026; 8: 7247-56 10 Wharton S et al.: Oral semaglutide at a dose of 25 mg in adults with overweight or obesity. N Engl J Med 2025; 393: 1077-87 11 Wharton S et al.: Orforglipron, an oral small-molecule GLP-1 receptor agonist for obesity treatment. N Engl J Med 2025; 393: 1796-806
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