Cancer de l’endomètre: une guérison est-elle possible?
Compte-rendu: Dre Ine Schmale
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Une analyse de l’étude RUBY, présentée lors du congrès de l’ASCO de cette année, a montré des rémissions durables chez les patient·es atteint·es d’un cancer de l’endomètre dMMR/MSI-H traité·es à visée curative par dostarlimab associé à une chimiothérapie. Plus de la moitié des patient·es pourraient être guéri·es. Dans l’étude DESTINY-Breast09 portant sur le cancer du sein (CS) HER2+ avancé, le traitement par T-DXd associé au pertuzumab a permis de presque doubler le taux de rémissions complètes par rapport au protocole THP. Les résultats concernant la durée du traitement et le bénéfice thérapeutique en fonction de la meilleure réponse ont été présentés lors du congrès de l’ASCO.
Cancer de l’endomètre: une guérison est possible chez plus de la moitié des patient·es sélectionné·es
Dans l’étude RUBY, randomisée et contrôlée par placebo, l’ajout du dostarlimab, un inhibiteur de PD-1, à une chimiothérapie à base de carboplatine et de paclitaxel (CP) a permis de prolonger significativement la survie globale (OS) des patient·es atteint·es d’un cancer de l’endomètre avancé ou récidivant (HR: 0,69; IC à 95%: 0,54–0,89; p=0,002).1 Après un an, un plateau a été observé sous dostarlimab associé au CP chez les personnes présentant un déficit du système de réparation des mésappariements ou une instabilité microsatellitaire élevée (dMMR/MSI-H). Le bénéfice thérapeutique constant en termes de survie sans progression (PFS) a été confirmé dans le groupe traité par dostarlimab, avec 2,5 années supplémentaires de suivi, portant désormais la durée médiane du suivi à 55,6mois. À 4 ans, le taux de survie sans progression était de 57,9% avec le dostarlimab, contre 15,7% dans le groupe témoin. La médiane n’a pas encore été atteinte dans le groupe traité par dostarlimab (IC à 95%: 12,2 à non atteinte) et s’élevait à 7,7mois sous placebo associé au CP (IC à 95%: 6,6–9,7). Le risque de progression a été réduit de 70% grâce à l’ajout du dostarlimab. Pour l’OS également, le bénéfice thérapeutique s’est confirmé avec une réduction du risque de 66% (HR: 0,34; IC à 95%: 0,19–0,63). Le taux d’OS à 48mois était de 72,8% contre 40,3%; la médiane n’avait pas encore été atteinte avec le dostarlimab, tandis qu’elle était de 32,8mois dans le groupe témoin.
À l’aide d’un «mixture cure model concept», le risque résiduel de décès une fois le plateau de la courbe de Kaplan-Meier atteint a été estimé. Selon ce modèle, la probabilité estimée de guérison des patient·es atteint·es d’un cancer de l’endomètre avec dMMR/MSI-H sous traitement par dostarlimab associé au CP est de 54%. Le taux estimé avec le placebo associé au CP était de 14%.
Conclusion
À l’aide d’un «mixture cure model concept», la probabilité de guérison du cancer de l’endomètre a été estimée à 54% avec le dostarlimab, contre 14% dans le groupe témoin.
DXd+pertuzumab: une durée de traitement prolongée favorise des rémissions profondes dans le cancer du sein HER2+ avancé
L’étude randomisée, multicentrique, de phase III DESTINY-Breast09 a comparé, chez des patient·es atteint·es d’un cancer du sein HER2-positif avancé ou métastatique, le traitement de première intention par trastuzumab déruxtécan plus pertuzumab (T-DXd+P) au protocole THP (taxane plus trastuzumab plus pertuzumab).2 L’étude a atteint son critère d’évaluation principal, à savoir une prolongation de la PFS, avec une médiane de 40,7 mois contre 26,9 mois (p<0,0001). Le taux de rémissions complètes (CR) a presque doublé avec le T-DXd+P par rapport au THP (15,1% contre 8,5%). Une analyse exploratoire a été menée afin d’étudier le lien entre la profondeur de la réponse sous T-DXd+P et un bénéfice clinique durable.
15,4% des patient·es du bras T-DXd+P ont obtenu une rémission complète (CR), 37,4% une rémission partielle profonde (définie comme une réduction tumorale ≥80%), 33,7% une rémission partielle (PR; définie comme une réduction tumorale <80%) et 13,5% une maladie stable (SD) ou une progression de la maladie (PD). À 24 mois, le taux de PFS était de 85,1% chez les patient·es en CR, de 80,0% chez ceux et celles présentant unePRprofonde, de 64,3% chez les patient·es en PR et de 35,5% chez ceux et celles présentant une SD ou une PD. Les patient·es ayant obtenu une CR ou une PR profonde ont été exposé·es le plus longtemps au traitement à l’étude. Les rémissions se sont approfondies au cours de l’étude. Le délai avant l’obtention de la meilleure réponse était de 8,4 mois (CR), 9,6 mois (PR profonde) et 1,5 mois (PR). La durée médiane de la réponse n’avait pas encore été atteinte chez les patient·es en CR au moment de l’évaluation; elle était de 39,2 mois en cas de PR profonde et de 34,8 mois en cas de PR. Alors que le bénéfice thérapeutique était pratiquement comparable chez les patient·es en CR et ceux et celles présentant une PR profonde sous T-DXd+P, des différences ont été observées entre les quatre groupes de réponse dans le bras THP, avec des taux de PFS à 24 mois de 76,7%, 60,7%, 48,5% et 31,7%. Après ajustement en fonction de la durée du traitement, les effets indésirables liés au traitement de grade ≥3 sous T-DXd+P étaient comparables dans tous les sous-groupes de réponse.
Conclusion
Plus de la moitié des patient·es de l’étude DESTINY-Breast09 ont obtenu une réponse profonde et durable avec le T-DXd+P. La durée du traitement était la plus longue chez les patient·es présentant une rémission complète ou une rémission partielle profonde. Les rémissions se sont approfondies au fil du temps, ce qui souligne l’importance d’un traitement de première intention poursuivi dans la durée pour obtenir un bon résultat thérapeutique.
Source:
Congrès 2026 de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), 29 mai au 2 juin, Chicago, États-Unis
Littérature:
1 Powell MA et al.: Long-term survival rates and cure modeling with dostarlimab plus chemotherapy in dMMR/MSI-H primary advanced or recurrent endometrial cancer in the ENGOT-EN6-NSGO/GOG-3031/RUBY trial. ASCO 2026; Abstr. #5501 2 Park YH et al.: A DESTINY-Breast09 analysis of treatment duration and clinical outcomes by best response to trastuzumab deruxtecan (T-DXd)+pertuzumab. ASCO 2026; Abstr. #1021
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